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11Printemps 2017

\Nœuds et Labyrinthes - Dossier\Effondrement, dette, barbarie, crise spirituelle… Les signes des temps

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Les signes des temps
Effondrement, dette, barbarie, crise spirituelle...

Éric GEOFFROY, Laurent DESHAYES, Vincent AUCANTE, Pablo SERVIGNE et Raphaël STEVENS, Renaud DUTERME, Bertrand VERGELY, Bernard CHEVILLIAT, Florence QUENTIN

DOSSIER:

Vers la métamorphose – Florence Quentin

Vivons-nous “le dernier tiers de la nuit” ? – Eric Geoffroy

Perspective traditionnelle et signes des temps – Bernard Chevilliat

“Traverser l’océan, imperturbable en soi-même” – Laurent Deshayes

Aux sources de la barbarie – Vincent Aucante

Comment tout peut s’effondrer – Pablo Servigne – Raphaël Stevens

Quand une dette en cache une autre – Renaud Duterme

Le nihilisme, face cachée du transhumanisme – Bertrand Vergely

 

FEUILLETER ici les premières pages des articles du Dossier Ultreïa ! #11

 

INTRODUCTION

Notre civilisation est-elle menacée de désintégration si nous ne traitons pas au plus vite les problèmes qui conduisent la planète au désastre ? La “Fin des Temps” annoncée par les Écritures se profile-t-elle ? Ou s’agit-il plutôt d’une ère nouvelle en germe dans le vieux monde ? Ère qui convierait l’humanité à une métamorphose inédite et plus encore à une metanoïa, qui exige un autre rapport au monde et au divin et un retournement radical de l’être ?

Telle une hydre, nous dit l’islamologue Éric Geoffroy, la crise du sens se répand en prenant pour monture la mondialisation sauvage et abrupte que subit l’humanité contemporaine. Ces menaces ne font pourtant qu’interpeller le spirituel, en l’occurrence le soufi, lequel a pour devise d’être “le fils de l’Instant”, ou de son époque. Il sait, en effet, que la vie spirituelle se fonde sur le paradoxe, et que “Dieu surprend toujours”.

Crise spirituelle, relativisation des valeurs et des vertus, persistant sentiment  d’insécurité, inéquité croissante, démesure généralisée et omniprésent “règne de la quantité” dénoncé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par René Guénon, résonnent comme autant de signes annonciateurs d’un inéluctable changement de paradigme, pour les uns, ou d’une fin de cycle, pour les autres. Le recours à une posture exigeante apparaît comme une attitude de recentrement et un effort d’ordre spirituel permettant d’affirmer la dimension métaphysique de l’homme, et d’initier une autre fraternité pour affronter les aléas d’un univers de plus en plus confus, en proie au syndrome du no futur.

Le bouddhisme propose quant à lui une lecture de l’histoire de l’univers selon un système infini de cycles durant lesquels il émerge, évolue et se détruit, rappelle le tibétologue Laurent Deshayes. Le passage d’une phase à l’autre se fait par glissement, les symptômes révélant cette mutation devenant de plus en plus évidents. Loin d’être fataliste, la réponse apportée à la question du positionnement de l’homme face à cette évolution extérieure est son positionnement intérieur.

Nous avons tous en partage un pli caché de barbarie intérieure : il se révèle dès que les conditions extérieures s’y prêtent. Il conduit alors à supprimer l’altérité : c’est le trait commun à toutes les barbaries de l’histoire, commente le philosophe Vincent Aucante. S’il est facile de stigmatiser les barbares qui sont ailleurs ou différents de nous, nous sommes réticents à reconnaître cette barbarie cachée qui, pourtant, nous concerne tous.

Les chercheurs indépendants Pablo Servigne et Raphaël Stevens nous mettent ici en garde : si nous décidons collectivement de ralentir la “mégamachine” pour éviter de déstabiliser davantage le système-Terre, nous provoquerons en retour un gigantesque et irréversible chaos financier, économique, politique et social. Mais si au contraire nous décidons de maintenir le cap, nous provoquerons aussi à terme des catastrophes en chaîne ( climat, biodiversité, etc. ) qui réduiront à néant notre civilisation et notre espèce. Comment trancher ce nœud gordien ?

Depuis des siècles, la question de la dette fragmente le monde et pèse sur son  équilibre. L’écart entre pays du Nord et pays du Sud, réduits au rang de créanciers, s’accroît et le décalage au plan mondial entre individus très riches et très pauvres n’a jamais été aussi grand. L’économiste Renaud Duterme pointe l’existence d’une autre forme de dette, écologique celle-là, qui devrait contrebalancer l’autre.

Dans sa démesure, notre époque, qui connaît un progrès technologique sans précédent est confrontée à un courant idéologique nouveau, le transhumanisme. Si ce projet se réalise, en devenant un être “augmenté”, “l’homme sera-t-il encore un homme ?”, s’alarme le philosophe orthodoxe Bertrand Vergely. La religion à venir serait alors celle de l’homme-Dieu. Celle du nihilisme.

 

Dossier complet à retrouver dans ULTREÏA ! #11

 

© Sylvain HERAUD