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13Automne 2017

\Nœuds et Labyrinthes - Dossier\Que nous disent les mythes?

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Que nous disent les mythes?
Sumer, Égypte, Bible, Inde, Grèce, Celtes...

Françoise BONARDEL, Dominique WOHLSCHLAG, Florence QUENTIN, Nicole VRAY, Rabbin Pauline BEBE, Sylvie VERCHERE MERLE, Michel CLERMONT, Jacqueline KELEN

 

DOSSIER:

La parole mythique – Françoise Bonardel

À quoi sert la mythologie Hindoue? – Dominique Wohlschlag

Le jour de la « première fois » – Florence Quentin

L’épopée de Gilgamesh du mythe originel au mythe éternel – Nicole Vray

Le héros, monomythe universel – Florence Quentin

La Bible, entre mythe et réalité – Rabbin Pauline Bebe

Mythes grecs et quête d’immortalité – Jacqueline Kelen

Mythes celtiques – Sylvie Verchere Merle

La dégradation des mythes – Michel Clermont

FEUILLETEZ ici les premières pages du DOSSIER ULTREÏA! #13

À l’origine, s’opposant au logos et sa définition de parole rationnelle, philosophique et religieuse, le muthos fut un récit, avant de désigner une légende suggérant un ordre de réalité autre, entre réel et imaginaire, porteur d’un sens symbolique.
Le mythe tente d’expliquer la naissance du monde et des hommes, permet l’identification de l’individu à sa communauté mais montre aussi des ambitions eschatologiques et métaphysiques. Il se veut reflet des drames humains et permet de s’identifier aux héros qui le traversent et qui symbolisent l’humanité et ses tentatives d’évolution, et plus encore d’individuation, selon la terminologie jungienne. Si ces récits ont disparu depuis longtemps, la dynamique de ces histoires existe toujours dans l’expérience et le langage humains. Mais, dans une société sécularisée comme la nôtre, comment le mythe se maintient-il et sous quelles formes – religieuse, artistique, psychologique ?
Françoise Bonardel nous répond que le mythe ancre “l’homme d’aujourd’hui dans le temps immémorial des origines ; un temps d’avant le temps historique, où la parole ne cherchait pas à argumenter mais à raconter comment le monde en est venu à exister”.
Cette parole, l’hindouisme l’a incarnée à travers une foisonnante littérature mythologique au premier rang de laquelle figure le Mahâbhârata. Et Dominique Wohlschlag de rappeler que “la diffusion à grande échelle d’une mythologie centrée sur les descentes répétées de la Divinité suprême parmi les hommes a de multiples répercussions cultuelles et culturelles”. Ainsi une “sacralisation de la terre de l’Inde”.
Territoire lui aussi sanctifié par la naissance des dieux, l’Égypte ancienne a quant à elle élaboré pendant quatre mille ans de multiples versions du récit cosmogonique pour dire le prodigieux
jaillissement de la vie le “Jour de la Première fois”.
“Le mythe est-il une savante articulation de vérités historiques et géographiques entrecoupées d’imagination et d’irrationnel ?” se demande Nicole Vray qui traite ici d’un mythe fondateur, L’Épopée de Gilgamesh : “Rend-elle bien ces entrelacs de réalité et de rêve, où vont se côtoyer successivement un roi semi-légendaire, un être sauvage, des déesses et des femmes ordinaires, le survivant du Déluge et des animaux ?”
Gilgamesh, Achille ou Moïse : l’idée de “voyage du héros” tiendrait d’une structure universelle ou archétype, au sein de laquelle des étapes s’enchaînent et que tous les héros mythiques suivraient dans les grandes lignes, selon le mythologue américain Joseph Campbell.
Pour le rabbin Pauline Bebe, qui revient sur certains épisodes de la Bible, mythe et réalité sont indissociables, qui “se tiennent main dans la main pour parcourir un chemin d’exploration et de sagesse”.
“La vie des hommes se déroule sous le regard des dieux, l’avions-nous oublié ?”, nous interpelle Jacqueline Kelen qui déchiffre ici la symbolique des histoires d’Ulysse, Thésée ou Narcisse et des principaux mythes grecs dont les “héros nous laissent avec notre soif, le cœur battant, l’esprit en éveil”.
Sylvie Merle nous assure quant à elle que les mythes parlent encore et elle l’illustre à travers les récits celtes toujours à l’œuvre dans nos vies et dans les expériences que nous traversons. Ainsi du “féminin blessé” qui descend aux enfers, chute ou tombe d’un trou du ciel, dans une caverne, dans un cercueil, dans une tombe, image symbolique d’un vécu intérieur qui se rencontre dans la vie de nombreuses femmes.
Qu’en est-il aujourd’hui de la vigueur et de la portée des mythes ? Michel Clermont parle quant à lui de leur “dégradation” actuelle et déplore que l’individu contemporain, perdu dans une société qui ne repose plus sur aucun “grand récit”, se reconstruise ainsi une mythologie gratuite. S’accommodant d’un fast-food pour “tromper sa faim” plutôt que de se nourrir d’un imaginaire authentique.

 

Dossier complet à lire dans ULTREÏA! #13

 

©Roland et Sabrina MICHAUD/AKG-IMAGES